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Histoire du shôgi

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Histoire du shôgi

Message  Seikkon le Lun 15 Avr 2013 - 19:52

Wesh-wesh... tranquille les gens ?

J'ai rédigé un début d'histoire du shôgi il y a déjà quelques temps, au départ pour la Lettre du Shogi.
Comme je n'ai pas rajouté une seule ligne depuis des mois, je vais probablement laisser tomber (pas le temps). Je vous confie néanmoins ce que j'avais fait. En vrai, je ne suis pas très content du résultat.
Ce qui est présenté ici est la version la plus acceptée. J'aurais voulu aussi y ajouter la nouvelle chronologie proposée par Kimura mais ça m'aurait demandé beaucoup trop d'effort d'intelligence tsé -_-;



Introduction

Le shôgi est aujourd’hui un jeu dont la forme est arrêtée. Toutes ses règles sont définies et écrites. Les évolutions sont de plus en plus mineures et ne concernent plus que des situations très particulières ; par exemple le ji-shôgi, cas fort rare et fâcheux qui fait s’arracher les cheveux aux organisateurs de tournois.
Ce qu’on oublie souvent, c’est que le shôgi d’aujourd’hui est le résultat d’un darwinisme ludique.
Le shôgi a eu nombre de cousins qui ont connu l’échec (!) et dû quitter ce bas-monde sans laisser de progéniture. Un jeu n’existe que parce que les gens y jouent et certains jeux n’ont jamais suscité que l’intérêt de leur créateur. D’autres ont été très populaires autrefois mais les goûts changent. Les jeux qui ne s’adaptent pas tombent dans les limbes de l’oubli. Ils disparaissent de la mémoire collective jusqu’à ce que leur plateau poussiéreux et leurs pions effacés ne soient un beau jour excavés d’une tombe ou de sous un temple ancien. Certains même n’existent plus qu’au détour d’une page d’un livre usé, dans une langue mal comprise. L’information est alors fragmentaire. Enfin, certains jeux n’existent plus du tout. On ne peut que conjecturer sur la forme, les règles, etc… qu’ils ont pu revêtir.

Le shôgi fait partie d’une branche qui a survécu. Sous sa forme actuelle, il existe depuis presque 500 ans. Sa noble famille a des origines remontant à au moins 1000 ans au Japon.

Commençons donc par ce premier ancêtre (mal) connu que nous apprendrons à connaitre petit à petit. On l’appelait autrefois shôgi mais le nom qu’on lui donne aujourd’hui est heian shôgi pour le distinguer du shôgi actuel et car son origine remonte à la période Heian (794 – 1185). Attention car il faudra bien garder à l’esprit que même si le heian shôgi et le shôgi tel qu’on le connait sont deux jeux distincts, les sources ont toujours employées le mot « shôgi » pour les nommer.


L’histoire connue du shôgi commence au plus tard en 1027.

Le Kirinshô

Le Kirinshô (麒麟抄) est un ouvrage qui a pour thème la calligraphie. Certains chercheurs considèrent que le chapitre consacré aux pièces de shôgi a été rajouté par un auteur plus tardif. Faisons en fi.
Fujiwara no Yukinari 藤原 行成 (972-1027), l’auteur, est un fonctionnaire important de la cour de Heian ; de second rang sur les huit que compte le système administratif daijôkan (太政官)1. Mais c’est surtout un calligraphe remarquable. Il fait partie des sanseki («les trois traces»), un groupe de trois calligraphes très renommés pendant la période de Heian. Sur les sept volumes qui composent cet ouvrage, seul ce chapitre est consacré au « shôgi » :

将碁馬書事
真ニモ書、行真ニモ、細堅クユラメキテ可書造、馬ノ半上鮮々ト四角、
点行真ニ緩々ト可書、金ヲバ極草可書、台ニ入テ持手ニ可書

Nous voilà bien avancé…

Il ne s’agit pas de japonais mais de sino-japonais, aussi appelé kanbun. Le kanbun est en fait du chinois écrit par des japonais, avec des arrangements propres à la langue japonaise. Et voici la traduction de ce texte :

Pour ce qui est des pièces de shôgi, il faut peindre en faisant onduler le pinceau, sans simplement effleurer la pièce, en style régulier ou en style régulier proche du style semi-cursif. Le caractère du haut doit être écrit distinctement et exactement comme dans un carré et les traits du caractère doivent être amples. Les caractères du narikin sont écrits dans un style cursif très prononcé. Ils sont presque semblables à des kana.
Comme les pièces sont petites et difficiles à tenir, il faut les insérer dans un support tout en les tenant en main quand on écrit.


Sans surprise, l’auteur s’intéresse plus au style des pièces qu’aux règles du jeu.
Ce texte nous dit tout de même que le narikin (promotion d’une pièce en général d’or) existe déjà à cette époque. On en déduit logiquement que la promotion existe déjà également.
Cela peut sembler évident mais rappelons que l’on ne parle pas ici du shôgi que l’on connait. Il peut s’agir de son ancêtre, le heian shôgi, ou bien même d’un cousin de celui-ci dont on ne sait rien.
L’expression « Le caractère du haut doit être écrit distinctement et exactement comme dans un carré » nous dit d’abord qu’il y a plusieurs caractères écrits sur chaque pièce. Elle souligne aussi le fait que le caractère du haut n’est justement pas dans un carré et qu’il est plus difficile de l’écrire que le caractère du bas. On comprend donc que les pièces de ce jeu ont déjà une forme pentagonale.

Ce texte n’est pas la seule source contemporaine. L’existence de pièces est attestée à la même période.

Kôfukuji

En 1993, lors de fouilles préliminaires à des travaux de rénovation du musée de la culture de Nara, l’ancienne capitale du Japon, furent découverts les restes d’une structure en forme de puits. Cet emplacement se trouvait autrefois près d’un entrepôt du temple de Kôfukuji, un des deux plus importants temples bouddhistes de l’ère Heian. Une hypothèse est que cette structure était d’abord destinée à devenir un puits. Ceux qui l’ont creusé n’ont pas trouvé d’eau et le puits est devenu une sorte de débarras.
Au fond de cette structure furent retrouvées 15 pièces de « shôgi » : 3 généraux de jade 玉将, 4 généraux d’or 金将, 1 général d’argent 銀将, 1 cavalier (ou cheval de katsura) 桂馬, 5 pions (ou fantassin) 歩兵 et 1 pièce illisible. Il nous manque donc encore les lances, fous et tours, me direz-vous.


Oups… Il en manque 3 sur la photo…
Image trouvée sur http://www.kashikoken.jp/museum/permanent/chusei/chusei-top.html

Ces pièces sont faites en hinoki, ou cyprès japonais. On voit que les pièces ont bien une forme pentagonale mais elles ne sont pas effilées comme les pièces d’aujourd’hui. Elles sont uniquement peintes, et non gravées. L’écriture y occupe plus d’espace. Les noms des pièces sont composés de deux caractères. Malheureusement, le temps a fait des ravages et la majorité de l’encre est effacée.

Avec ces pièces furent également découverts des mokkan. Un mokkan est une lamelle de bois, en général grande comme la main, qui servait de support d’écriture bon marché à une époque où le papier était très rare. Ils avaient toutes sortes d’usage mais, dans le cas présent, ils servaient pour l’entrainement à la calligraphie. Sur l’un de ces mokkan est écrit la sixième année de l’ère Tengi. On suppose que les pièces datent de la même année, c’est à dire 1058.

Un autre mokkan découvert pose des problèmes d’interprétation.

Image trouvée sur http://www.takami-lab.jp/2012/09/17/26-%E8%88%88%E7%A6%8F%E5%AF%BA%E3%81%AE%E7%BF%92%E6%9B%B8%E6%9C%A8%E7%B0%A1-%E6%A8%AA%E8%A1%8C%E3%81%AE%E9%A7%92-%E5%8D%86%E3%81%AE%E9%A7%92/


La plupart des auteurs s’accordent à y lire, entre autres, « 金将 » (« général d’or »), « 歩兵 » (« pion » ou plus littéralement « fantassin ») et, c’est important, « 酔像 » (« éléphant ivre »). On reparlera de l’éléphant ivre plus tard. Sachez juste que certains auteurs n’y voient pas un éléphant ivre du tout et que cela pose des problèmes de chronologie. Pour ma part, quel que soit le zoom, je n’y déchiffre rien du tout. Et vous ?

Pour en revenir aux pièces du Kôfukuji, nous avons donc un set incomplet, avec 3 généraux de jade et pas un seul roi. Certains des pions ont une forme douteuse. Pour tout cela, et également en raison de la présence de mokkan d’entrainement, il existe une hypothèse selon laquelle à proximité de ce puits existait un petit atelier de calligraphie avec plusieurs personnes y participant. Les pièces de qualité insatisfaisante étaient jetées dans le puits.


Poursuivons notre périple chronologique et donnons un peu de vie à ces vieux trucs en bois.

Le Shinsarugakuki


Une reproduction du XVIIIe siècle
Image trouvée sur http://bunzo.jp/archives/entry/001660.html


Le Shinsarugakuki (新猿楽記) est traduit en Français par « Notes sur de nouveaux divertissements comiques ». C’est une œuvre comique du théâtre sarugaku (qu’on appellera plus tard théâtre nô). Ecrite pendant l’ère Kôhei (1058–1064) par Fujiwara no Akihira 藤原明衡 (989?-1066), fonctionnaire lettré (de 4e rang à sa mort) et grand érudit de l’époque de Heian, l’histoire se déroule pendant un carnaval nocturne de Kyoto où prennent place les différents divertissements en vogue à l’époque. L’auteur prend plus précisément pour cadre la famille d’un capitaine de la garde des portes, c’est-à-dire ses trois femmes, ses seize filles et leurs compagnons et ses neuf fils. Cette grande famille représente des profils variés des habitants de Kyoto avec chacun leur caractère et leurs manières. C’est au détour de la présentation de l’un de ces personnages qu’est mentionné le shôgi.

十一君氣裝人者一宮先生柿本桓之,管絃并和歌上手也。有穴者吹,有絃者彈。箏、琴、琵琶、和琴、方磬、尺八、圍棊、雙六、將棊、彈棊、鞠、小弓、包丁、料理、和歌、古歌,天下無雙者也。

L’amoureux de la fille onze, tout comme Maitre Ichinomiya et Kakinomoto Tsuneyuki ( ?), est très doué pour le waka et les instruments de musique, qu’ils soient à vent ou à percussion. Sa grande connaissance du koto, du kin, du biwa, du wagon, du hôkyô, du shakuhachi, du go, du sugoroku, du shôgi, du dangi, du kemari, du tir à l’arc, de la tranche au couteau, de la cuisine, du waka et des poèmes anciens en fait quelqu’un d’impressionnant.

Sans rentrer dans le détail, le waka désigne différentes formes de poèmes. Le koto, le kin, le biwa et le wagon sont des instruments à corde, le hôkyô un instrument à percussion de type métallophone, le shakuhachi un instrument à vent, le sugoroku un jeu proche du backgammon, le dangi une sorte de billard et le kemari un jeu de balle coopératif.

Ce texte mentionne aussi le go. Précisons que le sugoroku et le go apparaissent au Japon dès le VIIe siècle. Ils étaient déjà des passe-temps très populaires quand le heian shôgi est apparu.

Aujourd’hui, shôgi s’écrit en japonais 将棋. Dans le Shinsarugakuki, shôgi est écrit將棊. Dans le Kirinshô, on l’écrivait 将碁. Dans le cas présent, le premier caractère du mot est à chaque fois le même mais écrit de deux façons différentes. Le deuxième caractère est en revanche bien différent à chaque fois. L’écriture du mot shôgi varie beaucoup au fil des textes.

Le Shinsarugakuki nous permet de planter un peu le contexte de l’époque mais il s’agit de celui de Kyoto. Des découvertes archéologiques montrent par ailleurs que le heian shôgi fut pratiqué ailleurs au Japon.

Dazaifu

Dazaifu est une ville située dans la préfecture de Fukuoka, au nord de Kyûshû. En 1996, dans des ruines datées du XIe siècle et situées sur la grande rue qui donnait sur le bureau du gouvernement régional, dans un trou d’environ 3m de diamètre et 1,25m de profondeur, furent découverts deux mokkan. Le trou était en particulier rempli de branches, de feuilles et de morceaux d’ustensiles de bois ou de terre. Il s’agissait donc encore une fois d’un débarras.



Le fameux débarras
Image trouvée sur http://www.city.dazaifu.fukuoka.jp/data/open/cnt/3/5190/1/281-290.pdf


Les mokkan avaient resservi plusieurs fois car ils servaient pour l’entrainement à la calligraphie. L’un des deux porte des références de pièces de heian shôgi.


Image trouvée sur http://www.city.dazaifu.fukuoka.jp/data/open/cnt/3/5190/1/281-290.pdf
Sa longueur est de 8,9cm, sa largeur 1,8cm et son épaisseur 0,15cm. Le style calligraphique en est régulier.
On peut lire écrit de haut en bas keima 桂馬 (cheval de katsura ou cavalier), kyôsha香車 (chariot d’encens ou lance) et fuhyô 歩兵 (pion ou fantassin). L’énumération se fait donc dans le même ordre que le placement des pièces sur un plateau de shôgi standard. Au-dessus du caractère 桂 de keima est écrit 将. On suppose qu’il s’agit du deuxième caractère d’un mot incomplet. Ce mot serait ginshô 銀将 (général d’argent) car celui-ci est placé à côté du cavalier sur le shôgiban.

Jusqu’ici, tous les textes et fouilles que nous avions vus étaient liés à la région située au centre du Japon, qu’on appelait autrefois Kinki (« voisinage de la capitale »), en gros Kyoto et Nara. Situé à 500km de là, Dazaifu fut le centre administratif et militaire de l’ouest du Japon de la période Nara (710 – 794) à la période Kamakura (1185 – 1333). Le gouverneur de Dazaifu avait les mêmes prérogatives qu’un vice-souverain, ou peu s’en faut. Ce fut également un choix privilégié des aristocrates exilés de Kyoto. Autant de raisons qui ont pu favoriser la propagation du heian shôgi de Kyoto à Kyûshû. Mais après tout, est-on vraiment sûr que le Kinki est le berceau du heian shôgi ?

A la même période, on a également retrouvé un pion (歩兵) à Hidaka, dans la préfecture de Hyôgo, ainsi qu’un autre, plus problématique car écrit seulement 兵, à Sakata, dans la préfecture de Yamagata, pour le coup très au nord du Japon.
Ces découvertes montrent que le heian shôgi a existé très tôt dans d’autres régions que le Kinki.

Autre révélation. Nous avons là la première référence au lancier. Mais nous n’avons toujours pas de fou ni de tour…


Nichûreki

Jusqu’ici, nous avancions par petits pas, cherchant des indices pour cerner l’ancêtre du shôgi. Sans doute, vous êtes-vous demandé à quoi tout cela rime, car tous les indices laissent à penser que ce jeu et le shôgi actuel sont identiques. Détrompez-vous !
Dans ce paragraphe, nous allons faire un grand pas. Nous allons découvrir ce fameux « premier ancêtre (mal) connu ». Il est décrit dans un ouvrage appelé Nichûreki.

Le Nichûreki (二中歴) est une sorte d’encyclopédie en 13 volumes du début de la période Kamakura (1185-1333) mais qui reprend des ouvrages antérieurs.
C’est la compilation de deux autres encyclopédies plus anciennes, le Shôchûreki (掌中歴), en 10 volumes, et le Kaichûreki (懐中歴), en 4 volumes, toutes deux écrites par Miyoshi no Tameyasu 三善為康 (1049-1139), un noble de cinquième rang et mathématicien de la cour de Heian. Des deux encyclopédies, seule une partie du Shôchûreki original existe encore de nos jours. Le reste n’existe que par le biais du Nichûreki.
On ignore qui a compilé le Nichûreki mais on estime que ce fut sous le règne de l’empereur Juntoku Tennô (1210-1221).



Image trouvée sur http://bunzo.jp/archives/entry/001660.html

La référence au shôgi se trouve dans le 13e volume.

将棊 棊一作騎
玉将八方得自在
金将不行下ニ目
銀将不行左右下
桂馬前角超一目
香車先方任意行
歩兵一方不他行
入敵三目皆成金
敵玉一将則為勝

Traduction en français :
Le shôgi (将棊), que l'on écrit parfois 将騎.
Le général de jade peut se déplacer librement dans les huit directions.
Le général d'or ne peut pas aller en diagonale arrière.
Le général d'argent ne peut aller ni à gauche, ni à droite, ni directement en arrière.
Le cavalier (ou cheval de katsura) peut aller un pas devant les diagonales avant en traversant.
La lance (ou chariot d'encens) peut aller tout droit à volonté.
Le pion (ou fantassin) peut aller tout droit et nulle part ailleurs.
Tous deviennent généraux d'or en entrant dans les trois lignes de l'adversaire.
Si la seule pièce adverse est le roi, c’est une victoire.


Les règles du jeu tirées de ce texte correspondent à celles du shôgi standard.
Ce qui est le plus intéressant, ce n’est pas ce que ce texte dit mais ce qu’il ne dit pas.
- Il n’est fait aucune mention du fou, ni de la tour. Ces pièces ne font donc pas partie du jeu.
- Pas de mention du parachutage des pièces capturées. Le heian shôgi n’avait pas cette règle qui fait du shôgi un jeu si spécial.
- Il ne mentionne pas les dimensions du plateau de jeu. Il ne va pas de soi que le heian shogiban avait pour dimension 9x9 cases. Aujourd’hui, il existe 3 reconstitutions qui sont proposées. Les arguments en faveur de chaque reconstitution font intervenir des discussions sur la forme supposée de l’ancêtre du heian shogi (en dehors du Japon). On y reviendra plus tard.


Le heian shôgi, version 9x9 cases


Le heian shôgi, version 9x8 cases


Le heian shôgi, version 8x8 cases

Notez que jusqu’ici, il n’a été fait nulle part de référence au roi (王). Que ce soit dans la description contenue dans le Nichûreki ou dans les pièces trouvées à Kôfukuji, nous n’avons eu affaire qu’à des généraux de jade (玉). J’ai néanmoins fait le choix d’inclure un roi dans chaque diagramme.

Après avoir un peu essayé le heian shôgi sous différentes formes, on peut faire plusieurs constats.

- En l’absence de fou et de tour la phase d’ouverture prend plus de temps. Les pièces sont peu mobiles car elles avancent mais ne reculent pas bien. La progression se fait par sacrifice de pièces, en particulier les pions.
- En raison de sa configuration de départ, le heian shôgi est très similaire au shôgi standard avec un handicap de deux pièces. Ici, c’est comme si sente et gote jouaient avec le même handicap.
La stratégie consiste alors à avancer avec un mur mobile de tous les généraux qui protègent le roi, lui aussi actif.
- La dernière phrase de la description («Si la seule pièce adverse est le roi, c’est une victoire.») n’est pas anecdotique. Elle nous confirme déjà que le parachutage ne fait pas partie des règles du jeu, car toute chance de roi nu est impossible autrement. Toutes mes parties se sont finies en roi nu. Avec un shôgiban 9x9 cases, en l’absence de pièces puissantes et de parachutage, il est difficile de mater le roi adverse. Le but du jeu semble plus être le roi nu que le mat. Pourquoi pas, ma foi. Si le but est de mater le roi adverse, les reconstitutions en 9x8 ou 8x8 cases sont plus logiques. Le roi adverse a ainsi moins de chance de s’évader dans le camp adverse.

Il n’est pas impossible que plusieurs versions aient pu exister. L’histoire des jeux montrent que les variantes ont tendance à se multiplier en l’absence d’une autorité garante des règles. Cela peut être dû à l’envie d’innovation mais aussi à une transmission imparfaite des règles.

Dans le chapitre suivant du Nichûreki, un autre jeu similaire de plus grande taille est présenté, le dai heian shôgi 大平安将棋 (13x13 cases). L’objet de cet article est la lignée directe du shôgi. Le heian dai shôgi est en quelque sorte le premier membre d’une lignée voisine. Afin de ne pas complexifier un article qui l’est déjà bien assez, nous traiterons de ce jeu en annexe.

Nous connaissons désormais le heian shôgi, sa forme, ses règles.
Les documents que nous avons présentés tout au long de l’article ne sont pas en contradiction avec la présentation du Nichûreki. Jusqu’à preuve du contraire, c’est bien le heian shôgi qui fut le jeu d’échec de référence au Japon durant l’époque Heian. Aucune pièce spécifique au heian dai shôgi n’a été découverte avant la rédaction du Nichûreki. A moins qu’on ne fasse un jour une découverte archéologique allant dans le sens d’une ancienneté de ce jeu, il faut considérer que la création du heian dai shôgi précède de peu la rédaction du Nichûreki, ou bien qu’il fut peu populaire.

Dès le départ de son histoire, le shôgi a su séduire les élites du Japon de l’époque Heian. Il nous en reste des témoignages directs.

Les témoignages

Disons-le tout de suite. D’ici à la fin du XIIIe siècle, nous ne rencontrerons pas d’informations d’importance à propos du shôgi. Le lecteur impatient pourra sauter quelques pages sans que la compréhension du texte n’en pâtisse. Les autres pourront ici découvrir différents témoignages de joueurs que l’histoire nous a transmis. L’histoire, comme souvent, a seulement retenu les témoignages des lettrés, c’est-à-dire la noblesse et les gens de religions. Le peuple jouait-il au shôgi sous quelque forme que ce soit ? On ne peut pas complètement le réfuter mais aucun indice ne va dans ce sens. L’analphabétisme fut probablement longtemps un frein sa démocratisation.

Les aristocrates de cette époque tenaient souvent des nikki (日記). Ce sont des notes tenues au jour le jour. Nikki est un terme assez général qui recouvre plusieurs catégories. Il y a les journaux officiels et procès-verbaux (faisant office d’archives), les journaux intimes et les notes journalières. Les notes journalières sont des notes privées ayant rapport aux évènements et cérémonies de la journée. Elles sont écrites dans un style assez neutre. Elles se transmettent parfois de génération en génération et font office de recueil de jurisprudences pour la personne qui les reçoit.
Les nikki dont nous disposons et qui ont trait au shôgi appartiennent à cette dernière catégorie.

Chôshûki
Le chôshûki (長秋記) est traduit en français par « Notes du long automne ». Ces notes journalières furent écrites par Minamoto no Morotoki 源 師時 (1077 – 1136). Les notes étaient à l’origine composées de 70 volumes (sous forme de rouleaux) couvrant les années 1087 à 1136. Il aurait donc commencé à rédiger ses notes à 10 ans ! Toujours est-il que seuls 13 volumes nous sont parvenus, couvrant, avec des lacunes, la période allant de 1111 à 1136.
Minamoto no Morotoki fut aussi reconnu comme un poète de talent et fut vice-directeur du palais de l’impératrice. L’impératrice et son palais sont chacun désignés par l’appellation chôshûgû (長秋宮) et cela a donné le nom des notes. Il fut conseiller intermédiaire surnuméraire (gonchûnagon 権中納言) à l’apogée de sa carrière. Sa charge lui imposait de participer à de nombreuses cérémonies de cour et de religion. Son témoignage est précieux en raison de sa grande connaissance de la vie de la cour.

Le passage ci-dessous est daté du 20 mai de la 4e année de l’ère Daiji (1129).

新院御方有覆物御占,覆以將棊馬,其数十二也。
新院如指令占给,依前生戒力受人主给,依是諸事如此歟

Chez le nouvel empereur retiré2, il y a eu une séance de divination des choses cachées. Pour cacher, ils ont utilisé des pièces de shôgi. Elles étaient au nombre de douze. Comme il les désignait, le nouvel empereur retiré faisait de la divination. Il avait reçu la loi naturelle (le « dharma ») du souverain grâce au pouvoir miraculeux obtenu par l’observation des principes bouddhiques durant sa vie précédente. Est-ce grâce à cela que tout est ainsi ?

La divination des choses cachées porte plusieurs noms en japonais : atemono (当て物), fukumotsu miura (覆物御占), ôimono miura (覆物御占) ou sekifu (射覆). C’est un rite qui consiste d’abord à cacher un objet dans une boite, sous un voile ou d’une quelconque manière. Une personne doit ensuite en deviner la nature. Les personnes les plus douées pour ce rite sont respectées car cela signifie qu’elles ont reçu ce pouvoir grâce à une vie antérieure pieuse. C’est au départ un rite chinois. La ville de Dazaifu, dont nous avons déjà discuté auparavant, revendique le titre de premier lieu au Japon où fut pratiqué ce rite. C’est bien possible car Kyûshû fut longtemps la porte d’entrée de tout ce qui venait de Chine et de Corée.

Tout ça pour dire qu’ils ont utilisé des pièces de shôgi mais pas pour jouer.


Taiki
Le Taiki (台記) est le recueil des notes journalières de Fujiwara no Yorinaga3藤原 頼長 (1120 – 1156). Taiki signifie littéralement « Notes journalières de l’estrade », l’estrade désignant le lieu où se tenait le ministre dans l’antiquité chinoise. Il fut rédigé de 1136 à 1155.

Que dit Yorinaga à propos du shôgi en ce beau 12 septembre 1142 ?


Image trouvée sur http://blog.goo.ne.jp/shiotetsu_2011/e/c6060ef1f1bb00b70d4a969852916a4a

新院參、於御前与師仲朝臣指大將碁、余負

J’ai disputé une partie de dai shôgi contre Minamoto no Moronaka4 devant le nouvel empereur retiré Sutoku5. J’ai perdu.

Au moins, c’est concis.

Dans la citation ci-dessus, nos protagonistes ont encore la belle vie et ne font encore la guerre que sur un plateau. Un plateau, non pas de shôgi, mais de dai shôgi. Il s’agit probablement du heian dai shôgi dont nous connaissons les règles par le Nichûreki. Nous n’en avons pas la certitude car il peut aussi s’agir du dai shôgi.
Ce que nous savons, c’est que la citation du Taiki date de 1142. Le Nichûreki a été compilé entre 1210 et 1221 en reprenant des textes de 1139 au plus tard. Nous le verrons plus tard mais la première mention des règles du dai shôgi date de 1297. La balance penche donc plus en direction du heian dai shôgi que du dai shôgi.

Tamakiharu
Tamakiharu (たまきはる) (prononcé tamakiwaru) est en réalité une œuvre qui n’a pas de nom. Elle débute par un waka (poème dont la forme est très standardisée) dont les premières syllabes étaient tamakiharu et elles ont été choisies pour titre. C’est une possibilité de titre parmi d’autres.
Il ne s’agit cette fois pas d’un nikki mais de mémoires dictés bien après les faits.
L’auteur est une femme. Son nom de naissance est Takegozen (健御前) Elle est née en 1157. On ignore l’année de son décès mais le Tamakiharu prend fin en 1219 et on suppose que son décès est arrivé peu après. Elle a utilisé comme noms de nyôbô (nyôbôna6) Kenshunmon’in Chûnagon (建春門院中納言) puis Hachijôin Chûnagon (八条院中納言). Takegozen est issue d’une famille très connue pour son talent littéraire.
En 1168, alors qu’elle n’a que 12 ans, elle entre au service de Taira no Shigeko 平滋子 (1142-1176), dont le nom honorifique (nyôingou 女院号7) est Kenshunmon’in. Shigeko est l’épouse de l’empereur Go-Shirakawa et la mère du futur empereur Takakura 高倉 (1161-1181). Après le décès de celle-ci en 1179, Takegozen entre au service de Akikonaishinnô 暲子内親王 (1137-1211), aussi appelée Hachijôin (八条院).
La mention du shôgi intervient lors du récit de l’année 1183.

やがてお供に、常の御所へ参りにしままに、つとめてより物参らせ、御装束参らせ、御持仏堂へ返らせおはしませば、又畳置き、御前にては貝覆い、将棋差しなど遊びしも、[…]

Cette citation n’est pas écrite en kanbun. Il s’agit cette fois-ci de kobun, c’est-à-dire du vieux japonais. Le kobun est difficile à comprendre dans la mesure où le vocabulaire ainsi qu’une partie de la grammaire sont différents du japonais moderne.

Voici la traduction :

Rapidement, en tant que servantes, quand nous nous rendions en son palais8, tôt le matin, nous lui apportions son repas, nous lui apportions ses vêtements puis, quand elle revenait du jibutsudô9, nous installions des tatami et, devant elle, nous jouions au kaiôi10, au shôgi, etc…[…]

La personne dont il est question est donc Hachijôin. C’est une des filles de l’empereur Toba. Elle ne fut jamais mariée. Son rôle était d’éduquer certains membres de la famille impériale. Lorsqu’elle devait s’occuper de princes ou princesses impériaux en lieu et place de leurs mères, elle recevait le titre officiel de junbo (准母), que l’on peut grossièrement traduire par « quasi-mère ».
Dans le Tamakiharu, Takegozen décrit Hachijôin comme quelqu’un de très désinvolte, qui laisse ses servantes faire ce qu’elles veulent. Son palais était régulièrement rempli de déchets.


Finalement, le Tamakiharu ne nous apprend rien sur le shôgi. C’est néanmoins la première apparition dans l’histoire d’une joueuse de shôgi, même s’il ne fait guère de doute qu’il y en eut bien d’autres auparavant. Il existait par exemple déjà de nombreux témoignages de joueuses de go durant l’époque Heian.

Annexe

La description suivante se situe dans le 13e et dernier volume du Nichûreki. Elle se situe immédiatement après celle du heian shôgi

又大将棊十三間云
玉将各住一方中 金将在脇 銀将在金之次 次有銀将 次有銅将 次有鐵将 次有香車 銅将不行四隅 鐵将不行後三方 又横行在王之頂方行前一歩左右不云多少 又有猛虎在銀之頂行四角一歩 飛龍在桂馬之上行四隅超越 奔車在香車之頂行前後不云多少 注人在中心歩兵之頂行前後 如是一方如此行方准之

Il y a aussi le daishôgi. Sa taille est de treize espaces.
Chaque général de jade est placé en plein centre.
Il y a un général d'or de chaque côté (du général de jade). Les généraux d'argent sont après les généraux d'or. Après, il y a les généraux d'argent. Après, il y a les généraux de cuivre. Après, il y a les généraux de fer. Après, il y a les lances.
Les généraux de cuivre ne peuvent pas se déplacer en diagonale. Les généraux de fer ne peuvent pas se déplacer dans les trois directions arrière.
Il y a aussi le marcheur latéral devant le roi. En avant, il se déplace d'une case. Sur les côtés, il peut se déplacer sans limite.
Il y a aussi le tigre féroce devant le général d'argent. Il peut se déplacer d'un pas en diagonale.
Le dragon volant se trouve devant le cavalier. Il peut bondir dans les quatre diagonales.
Le chariot libre se trouve devant la lance. Il se déplace en avant et en arrière sans limite.
L'intermédiaire se trouve devant le pion du milieu. Il peut se déplacer d'un pas en avant ou en arrière.


Plusieurs remarques :

- La description comporte deux erreurs. Ainsi, la position des généraux d’argent est exprimée deux fois à la suite. Celle des cavaliers est omise même si on suppose qu’elle est à côté de celle des lances.
- La position du marcheur latéral, du tigre féroce, du dragon volant, du chariot libre et de l’intermédiaire est à chaque fois exprimée selon le modèle « X devant Y ». Cependant, dans le cas du marcheur latéral et du dragon volant, si le sens est le même, la phrase en kanbun est dans chaque cas distinct un peu différente sans que l’on sache s’il y a une nuance (« X se trouve deux cases devant Y » par exemple ?).
- Les déplacements du dragon volant ne sont pas clairs. Se déplaçait-il comme le fou aujourd’hui ? Ou bien comme l’éléphant du xiangqi ? Pouvait-il sauter au-dessus de certaines pièces ?
- La description parle au départ de généraux de jade (玉). Par la suite il est fait mention du roi (王). C’est la première mention du roi dans un document relatif au shôgi.

Cette version du daishôgi n’apparait qu’une seule fois dans l’Histoire. Qu’il s’agisse de cette version à 13x13 cases ou celle de 15x15, les documents anciens référent chaque fois simplement au « daishôgi », voire simplement « shôgi ». On ignore alors dans les premiers temps à quelle version il est fait référence.


Notes

1 Le code de Taihô (Taihô ritsuryô, 大宝律令), fortement inspiré par la Chine des Tang et le confucianisme, a formalisé la hiérarchie au Japon durant les périodes Nara et Heian. Il établit deux institutions : Le ministère des affaires des dieux (jingikan, 神祇官) qui supervise le clergé ainsi que les rites shinto et le ministère des affaires suprêmes (daijôkan, 太政官) qui prend en charge toute l’administration de la cour. Le ministère des affaires suprêmes est dirigé par le ministre des affaires suprêmes (daijô-daijin, 太政大臣). Viennent par la suite, par ordre d’importance, le ministre de gauche (sadaijin 左大臣), le ministre de droite (udaijin 右大臣), etc… Les fonctions à la cour sont classées par rang. Il en existe huit, le premier rang étant le plus haut de la hiérarchie. Un neuvième rang, dit « initial » existe mais n’apporte qu’un traitement très faible. Tous ces rangs sont divisés à leur tour en échelons. Au total, il existe trente échelons. Le système est théoriquement basé sur le mérite. Dans les faits, il existe une barrière entre le sixième et le cinquième rang que les gens du peuple ne peuvent que rarement franchir. Les membres des trois premiers rangs forment les hauts dignitaires (kugyô 公卿) et ceux des cinq premiers rangs la noblesse (kuge 公家).
A l’époque qui nous préoccupe, le poste le plus important, celui de ministre des affaires suprêmes est devenu symbolique. Le pouvoir est en réalité entre les mains du régent (sesshô 摂政) si l’empereur est mineur ou du grand rapporteur (kanpakku 関白) s’il est adulte. Il s’agit de la même personne dans les deux cas. Les régents/grands rapporteurs sont tous issus de la famille Fujiwara. Ceux-ci règnent de fait sur le Japon en mariant leurs filles avec les princes de la famille impériale. La situation durera jusqu’à la fin du XIIe siècle, lorsque le pouvoir passera des mains de la noblesse de cour à celles des clans guerriers. Le système des codes continuera d’exister jusqu’à l’ère Meiji明治時代 (1868-1912) mais n’aura plus d’importance politique.

2 La fin de la période Heian est celle des empereurs retirés (dite insei 院政). Certains empereurs prétendaient abdiquer en faveur de leur fils et se retirer des affaires d’Etat (parfois dans un monastère). En réalité, ils conservaient le pouvoir au détriment de l’empereur de jure. Le but recherché était de s’entourer d’une cour qui ne fût pas sous l’emprise de la famille des régents Fujiwara. On parle ici de nouvel empereur retiré car il peut y avoir plusieurs empereurs retirés à la fois. Le plus ancien est alors celui qui détient le pouvoir politique. L’empereur retiré dont il est ici question est Toba 鳥羽 (1103 – 1156).
A sa naissance en 1103, son père est l’empereur Horikawa 堀河(1079-1107) et son grand-père l’empereur retiré Shirakawa白河(1053-1129). En 1107, Shirakawa force Horikawa à se retirer et Toba monte nominalement sur le trône à 4 ans. Horikawa décède peu après. Toba abdique en faveur de son fils Sutoku崇徳 (1119-1164) en 1123 sous la pression de son grand-père. La citation du Chôshûki date d’un peu avant le décès de Shirakawa. Après le décès de ce dernier en 1129, Toba devient le souverain de fait du Japon. Il se fait moine à Todaiji en 1141 mais continue de régner. En 1142, il force Sutoku à abdiquer en faveur d’un autre de ses fils, Konoe近衛 (1139-1155). Le décès de Konoe, suivi de la maladie de Toba amenèrent beaucoup d’intrigues et de tractations. Finalement, Toba parvient à placer encore un autre de ses fils sur le trône, Go-Shirakawa後白河 (1127-1192). Lorsque Toba décède l’année suivante, la cour est divisée en deux camps qui ne tardèrent pas à s’affronter lors de la rébellion de Hôgen.


3 Fujiwara no Yorinaga fut un personnage de premier plan qui participa directement aux événements majeurs qui ont secoué le Japon. Considéré comme le plus grand érudit de son temps, il débuta sa carrière à la cour au 3e rang à l’âge de 12 ans. Sous la gouvernance de l’empereur retiré Toba, il gravit rapidement les échelons et devint en 1149 ministre de gauche, le poste le plus important après celui de régent. Mais, à la suite du décès de l’empereur Konoe, il fût accusé d’avoir provoqué la mort de ce dernier par des incantations. Il perdit la confiance de Toba et du nouvel empereur Go-Shirakawa ainsi que certaines charges. Lorsque l’empereur retiré Sutoku se révolta contre le nouvel empereur Go-Shirakawa durant la rébellion de Hôgen, Fujiwara no Yorinoga prit également part à la révolte. Bien mal lui en a pris car la bataille en plein Kyoto tourna court et il fut tué en essayant de fuir vers Nara.

4 Minamoto no Moronaka 源 師仲 (1115-1172) est l’un des fils de Minamoto no Morotoki, l’auteur du Chôshûki que nous avons vu auparavant. Tout comme lui, il fut un fonctionnaire de 3e rang. Minamoto no Moronaka resta fidèle à Go-Shirakawa lors de la rebellion de Hôgen et ne joua pas de rôle majeur. Un peu plus tard, en 1159, il joua un petit rôle dans une autre rébellion, celle de Heiji, débutant par l’enlèvement de l’empereur, cette fois retiré, Go-Shirakawa et de son jeune fils, l’empereur Nijô二条 (1143-1165). Elle se solda par une défaite. Minamoto no Moronaka fut exilé jusqu’en 1166.

5 L’empereur Sutoku 崇徳 (1119-1164) était l’un des fils de l’empereur Toba. Il devint empereur en 1123 alors qu’il n’avait que 4 ans, Toba gardant la réalité du pouvoir. Il abdiqua (officiellement) en 1142 sous la pression de son père en faveur de Konoe, un de ses demi-frère. La citation du Taiki date d’un peu après son abdication. Konoe décéda en 1155. Sutoku espérait placer un de ses propres fils sur le trône, afin de pouvoir régner à son tour en empereur retiré. Mais Toba voulait écarter Sutoku du pouvoir et plaça encore un autre de ses fils sur le trône, Go-Shirakawa. Quand l’empereur retiré Toba mourut en 1156, Sutoku se révolta contre le nouvel empereur. Suite à sa défaite, Sutoku fut exilé dans la province de Sanuki, sur l’île de Shikoku.
Une théorie dit que Sutoku était en réalité le fils de Shirakawa, le grand-père de Toba.

6 Nyôbô 女房 est le nom donné pendant les périodes de Heian et Kamakura aux femmes appartenant à des familles nobles qui étaient en service pour les membres féminins de la famille impériale ou pour les épouses de hauts dignitaires. Elles étaient classées en trois catégories selon le prestige de leurs familles. Celles des familles les plus prestigieuses pouvaient aussi avoir à leur tour des nyôbô à leur service. Il faut les distinguer des simples servantes qui viennent des familles roturières. Les nyôbô n’étaient pas appelées par leurs noms de naissance mais par leur nom de nyôbô (nyôbôna 女房名). Celui-ci est en général composé du premier caractère de leur nom de famille suivi du titre ou du rang de la personne dont dépend la nyôbô (généralement son père). Ce n’est pas toujours le cas.
Takegozen a eu pour nyôbôna Kenshunmon’in Chûnagon (建春門院中納言) puis Hachijôin Chûnagon (八条院中納言). La première partie de chaque nom est le nom de la personne au service de qui elle se trouvait. La seconde (chûnagon) signifie « conseiller intermédiaire ». J’ignore à qui ce titre fait référence, peut-être son père qui était gonchûnagon (権中納言), c’est-à-dire conseiller intermédiaire surnuméraire.

7 Quand un empereur abdiquait, les femmes de sa famille perdaient les avantages afférents à son statut. Certaines pouvaient par la suite être proclamées nyoin (ou nyôin) par décret impérial. Elles retrouvaient alors un traitement à peu près égal à leur traitement antérieur. Elles prenaient à cette occasion un nom de nyoin (nyoingô 女院号). Celui-ci était généralement en lien avec le lieu où vivait la nyoin, par exemple un secteur de la ville, une route ou une porte, etc…
Kenshunmon’in vient de Kenshunmon, qui est une porte à l’est du palais impérial de Kyoto.
Hachijôin vient de hachijô, qui est un secteur qui couvre une partie du sud de Kyoto sur toute sa longueur. Kyoto, appelée autrefois Heian-Kyô, était divisé en jô (条) horizontalement et en bô (坊) verticalement.

8 Le palais est situé au sud de Kyoto, dans un domaine auparavant appelé Anrakujuin (安楽寿院). Lorsqu’Hachijôin en hérita de son père, l’empereur Toba, elle donna son nom au domaine qui devint également Hachijôin.

9 Le jibutsudô mentionné dans cette citation est une pièce ou une annexe que les gens utilisaient pour conserver des objets liés au bouddhisme et vénérer les différents bouddhas.

10 Le kaiôi, un peu plus connu sous le nom de kaiawase, est un jeu composé de 360 paires de coquillages. Pour une paire, un même dessin est peint à l’intérieur de chaque coquillage. Le but du jeu est de retrouver les coquillages qui correspondent naturellement l’un à l’autre. Les correspondances doivent être recherchées en regardant les stries sur les faces extérieures des coquillages. Les dessins à l’intérieur ne servent qu’à vérifier que la réponse est bonne et que les deux coquillages font partie de la même paire. C’est un jeu qui fut très populaires à l’époque Heian, en particulier parmi les femmes et les enfants.


Références+
将棋 volume I et II、 増川宏一
持駒使用の謎、木村義徳
将棋の来た道、大内延介
将棋の起源、増川宏一
将棋の駒はなぜ40枚か、増川宏一
L'Odysée des jeux d'échecs, Jean-Louis Cazaux, Praxeo
Dictionnaire historique du Japon, Maisonneuve et Larose
http://ja.wikipedia.org/wiki/
http://en.wikipedia.org/wiki/
http://history.chess.free.fr/
http://moch2.daishodai.ac.jp/
http://www8.ocn.ne.jp/~hakuryuu/
http://ir.lib.hiroshima-u.ac.jp/metadb/up/kiyo/AN10113157/nk_14_23.pdf
http://miko.org/~uraki/kuon/furu/text/kanbun/n_sarugo.htm
http://homepage3.nifty.com/gororo/index.html
http://www.kisc.meiji.ac.jp/~jkodaken/jpn/activity/publication/pdf/kodaigaku_vol1/piggott.pdf
http://tamago915.cocolog-nifty.com/blog/2006/12/post_e9fb.html
http://blog.livedoor.jp/r_onuma/
http://blogs.yahoo.co.jp/shoginorekisi
http://www.takami-lab.jp/2012/09/17/26-%E8%88%88%E7%A6%8F%E5%AF%BA%E3%81%AE%E7%BF%92%E6%9B%B8%E6%9C%A8%E7%B0%A1-%E6%A8%AA%E8%A1%8C%E3%81%AE%E9%A7%92-%E5%8D%86%E3%81%AE%E9%A7%92/
http://blog.livedoor.jp/xiangqi_janggi/
http://dazaifubunkafureaikan.or.jp/
http://www.city.dazaifu.fukuoka.jp/data/open/cnt/3/3781/1/P30.pdf
http://www.asahi.com/shougi/news/TKY201101210324.html
http://bibliographie.jeudego.org/memoire_motoki.pdf
http://dspace.lib.niigata-u.ac.jp:8080/dspace/bitstream/10191/5093/1/1...
http://www.lizadalby.com/LD/TofM_shells.html


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Re: Histoire du shôgi

Message  bakashogi le Lun 15 Avr 2013 - 22:49

Et tu n'es pas fier du résultat Question Shocked
Moi, je trouve que ça n'est pas si mal que ça Exclamation
Bien vu Erwan! Merci d'avoir partagé le fruit de tes recherches. C'était très instructif.
Ca complète bien ce que Cazeau avait documenté dans son "Odyssée des Echecs".

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Re: Histoire du shôgi

Message  Seikkon le Lun 15 Avr 2013 - 23:32

bakashogi a écrit:Et tu n'es pas fier du résultat Question Shocked
L'idée de départ était de couvrir les sources de la période allant du XIe au XVIIe siècle, puis de revenir en arrière et de rechercher les origines du shôgi. Au final, je ne couvre même pas deux petits siècles. Les yeux plus gros que le ventre. Comme ça Shocked
Ca laisse plein de choses en suspend.

Et puis, je voulais remettre les choses dans le contexte historique mais au final il y a trop de digressions.

La méthodologie n'est pas bonne non plus. J'étudie les documents au fur et à mesure que je rédige. Mais d'un autre côté, si j'avais d'abord tout étudier avant d'écrire, je n'aurais probablement pas écrit une seule ligne Sad

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Re: Histoire du shôgi

Message  Al Syn le Mar 16 Avr 2013 - 4:56

Idem que bakashogi. C'est un formidable travail (à compléter un jour si tu le sens ou si d'autres veulent prendre ta succession). Et je te remercie bien de nous le faire partager (même si j'avais déjà eu la primeur Twisted Evil)

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Re: Histoire du shôgi

Message  nivlinch le Mar 16 Avr 2013 - 9:10

Whoua, c'est tellement grand que je vais devoir me prendre une heure ou deux pour lire ça à sa juste valeur Surprised.

En tout cas, ça a l'air très bien documenté et écrit. À quand une version pour le Dobutsu Shogi Wink (autant le faire tant que tout est encore frais pour les tous les acteurs) ?
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Re: Histoire du shôgi

Message  miyake le Mar 16 Avr 2013 - 23:15

J'ai trouvé ce texte super intéressant et j'ai appris plein de trucs que je n'avais jamais lu ailleurs. Very Happy Quel travail !

Franchement, il y a de quoi être fier de ton histoire du shogi car j'aurais du mal à émettre des critiques. J'ai trouvé cela très fluide, facile à lire tout en étant très riche en informations.

Merci de partager ton texte ! en espérant que tu continueras.... Twisted Evil

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Re: Histoire du shôgi

Message  Codexus le Jeu 18 Avr 2013 - 9:26

Ouais c'est énorme! J'espère que tu vas changer d'avis et continuer! Very Happy
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Re: Histoire du shôgi

Message  Seikkon le Mar 26 Nov 2013 - 0:02

Alsyn m'a fait parvenir l'information très intéressante selon laquelle une pièce d'éléphant ivre datant de 1098 venait d'être découverte à Kôfukuji.
http://ajw.asahi.com/article/behind_news/social_affairs/AJ201310250064
Dans un article japonais, j'ai aussi lu qu'elle était enterrée à seulement 200 mètres des pièces découvertes en 1994 et du bout de bois tout moche sur lequel on ne distinguait rien (voir article en haut de la page). Elle était accompagnée d'autres pièces, dont un cavalier. Cela élimine la possibilité que ce soit une pièce de chû shogi.
Concrètement, cela lève le doute sur l'ancienneté du sho shôgi. Le heian shôgi et le sho shôgi ont cohabité dès le XIe siècle. 



Je ne résiste pas à la tentation de vous présenter les diagrammes que j'avais fabriqués quand je préparais l'article à l'origine de ce fil Very Happy 



Une scandaleuse contrefaçon de sho shôgi, façon Hidetchi.
(oups... l'éléphant gote est resté sobre. Cela ne va pas du tout !)



Petite présentation des mouvements de l'éléphant ivre.


En atteignant la zone de promotion adverse, l'éléphant ivre devient un...

 ...PRINCE HERITIER !   

Le prince héritier est un deuxième roi. Il faut aussi le mater pour gagner la partie.


Mais attention, car en vérité l'éléphant ivre qui vient d'être découvert a une face verso vierge. Il n'a pas de promotion. Cela signifie que nous n'avons en fait pas affaire au sho shôgi mais à son ancêtre, que je me permettrais de baptiser heian sho shôgi.

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Re: Histoire du shôgi

Message  miyake le Jeu 28 Nov 2013 - 22:09


Le prince héritier est un deuxième roi. Il faut aussi le mater pour gagner la partie.

Le prince héritier se transforme-t'il en roi (est-il couronné) si on mate le roi en premier ? Ou cela n'a pas d'importance ?

Merci pour toutes ces infos !

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Re: Histoire du shôgi

Message  Seikkon le Ven 29 Nov 2013 - 2:32

miyake a écrit:Le prince héritier se transforme-t'il en roi (est-il couronné) si on mate le roi en premier ? Ou cela n'a pas d'importance ?
Non, la survie ou non du roi n'a pas d'incidence sur l'apparence du prince héritier. Malgré son nom, il ne devient jamais officiellement roi. 
Ca tombe bien, car il n'y a que deux faces par pièce Wink
Après, je comprends ce que tu veux dire. Peut-être qu'on plaçait la pièce du roi à la place de celle du prince héritier si le roi était capturé mais cette pratique n'est pas mentionnée dans les (rares) documents. 
L'idée et bonne en tout cas !

Pour être exhaustif, j'ajouterai qu'il n'y a pas de parachutage dans le sho shôgi (jusqu'à preuve du contraire, bien sur).

En version classique, ça donne ça :



L'éléphant ivre

Le prince héritier

Ca c'était pour le sho shôgi qui est plus tardif. J'expliquerai quelques lignes plus loin pour les dates.


Le heian sho shôgi est un peu différent. L'éléphant ivre n'a qu'une seule face. Il ne se promeut jamais en prince héritier et ne devient pas un deuxième roi. C'est simplement une pièce comme une autre.
A part ce détail, la configuration de départ est-elle la même que celle du sho shôgi ? Pas sûr. 
Il est contemporain avec le heian shôgi, qui n'a ni tour, ni fou. C'est seulement mon avis mais je pense que le heian sho shôgi est simplement un heian shôgi avec un éléphant ivre en plus (qui ne se promeut pas).


Le sho shôgi est quant à lui un jeu plus ancien. Sa première référence est dans le Shôgi Zu (1591). 

C'est un livre qui donne la configuration de départ et le mouvement des pièces des variantes de shôgi connues à l'époque. Il a été rédigé par Minase Kanenari (1514-1602). Le Shôgi Zu se trouve actuellement dans un sanctuaire shinto appelé Minase Jingu à Shimamoto, entre Osaka et Kyoto. 
Dans la description du sho shôgi, il est écrit que l'empereur Go-Nara (règne de 1526 à 1557) a fait retirer l'éléphant ivre du sho shôgi.

La où c'est rigolo, c'est que, d'après Minase Kanenari, le Shôgi Zu est une copie (qu'il a lui-même augmentée) d'un ouvrage qui s'appelle Shôgi Shushu no Zu (1443). Cet ouvrage d'auteur inconnu se trouvait dans le temple Manshu-in à Kyoto. Il est aujourd'hui disparu.
Encore mieux, le Shôgi Shushu no Zu est lui aussi une copie d'un autre ouvrage plus ancien dont on ne sait rien.

Tout ça pour dire que je ne sais pas de quand date la transition entre heian sho shôgi et sho shôgi mais c'est avant 1443. 
A mon avis, l'édit de l'empereur Go-Nara n'a pas fait disparaître le sho shôgi. On sait par exemple qu'il a existé de nombreux édits contre les jeux d'argent qui étaient sans effet. Le sho shôgi a plus été victime de la mode du shôgi "classique" avec parachutage.

Voila, voila.
Pas clair tout mon charabia...

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Re: Histoire du shôgi

Message  bakashogi le Ven 29 Nov 2013 - 10:28

Sisi très très clair et fort précis. Merci de ces lumière Erwan!
(dommage que cela ne te motive pasà revenir jouer...Crying or Very sad )

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Re: Histoire du shôgi

Message  nivlinch le Ven 29 Nov 2013 - 12:28

bakashogi a écrit:(dommage que cela ne te motive pasà revenir jouer...Crying or Very sad )
Il a peur ou il est fatigué. Je vois que ça Twisted Evil.
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Re: Histoire du shôgi

Message  miyake le Ven 29 Nov 2013 - 22:46

Merci beaucoup pour tes explications sur le prince héritier.

C'est assez rigolo (unique ?) cette évoluation possible de l'objectif final  en cours de partie ! Very Happy 

J'imagine que si la possibilité de parachuter des pièces avait été ajoutée, cela aurait donné des parties interminables et de formidables renversements de situation ! Twisted Evil

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Re: Histoire du shôgi

Message  Seikkon le Mer 4 Déc 2013 - 0:07

nivlinch a écrit:
bakashogi a écrit:(dommage que cela ne te motive pasà revenir jouer...Crying or Very sad )
Il a peur ou il est fatigué. Je vois que ça Twisted Evil.
Je suis trop vieux, mes petits schtroumpfs No 
Et puis, comme je ne pratique pas, je suis probablement 19 kyu maintenant.

miyake a écrit:C'est assez rigolo (unique ?) cette évoluation possible de l'objectif final  en cours de partie !  
En fait c'est assez commun dans les variantes du shôgi. 
Le prince héritier faisant office de second roi existe aussi dans le chû shôgi, le dai shôgi, le tenjiku shôgi, le tai shôgi et même le taikyoku shôgi. Il existe également dans le maka dai dai shôgi sous le simple nom de "prince" 王子.
Même situation dans le complexe ko shôgi.  La troupe du milieu peut se promouvoir en gouverneur. Le gouverneur est équivalent à un deuxième général (= roi).

miyake a écrit:J'imagine que si la possibilité de parachuter des pièces avait été ajoutée, cela aurait donné des parties interminables et de formidables renversements de situation ! 
Un ancien joueur professionnel et auteur d'un livre sur l'histoire du shôgi ("Mochigoma shiyô no nazo, Nihon shôgi no kigen"), Yoshinori Kimura a tenté de recréer l'arbre généalogique (disons inversé) du shôgi. Je le trouve un peu tiré par les cheveux en ce qui concerne les dates. En tout cas, ça donne ça :
                                                  
Jeu avec pièces en forme de figurine (vers 600, 32 pièces)
|---> heian shôgi (vers 800, 36 pièces, pas de parachutage)
        |---> 38p, pas de parachutage ---> 38p, parachutage ---> 42p, parachutage (branche éteinte)
        |---> vers 1000, 36p, parachutage ---> shôgi actuel (vers 1250, 40p)
        |---> heian dai shôgi (vers 900, 68p) ---> dai shôgi (vers 1150, 130p) ---> chû shôgi (vers 1250, 92p)

Je viens de remarquer que le sho shôgi sans parachutage n'apparaît nulle part. Est-ce qu'il considère que ça n'a jamais existé ? 
Hmm... il faudrait que je relise ce livre plus en détails.

En tout cas, je considère que le sho shôgi avec parachutage est tout à fait jouable. Il suffit de dire que ni le roi, ni l'éléphant ivre/prince héritier ne peuvent être réutilisés.

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Re: Histoire du shôgi

Message  Seikkon le Jeu 14 Aoû 2014 - 17:39

Quelques petits souvenirs de vacances lol


Nous avons vu précedement que les plus anciennes pièces de shôgi ont été retrouvées aux alentours du temple de Kôfukuji, dans la ville de Nara. Les 15 pièces datant de 1058 et les 3 pièces (dont un éléphant ivre) datant de 1098 étaient séparées par une distance de 200 mètres environs. 

Je suis reparti sur le terrain, des fois que je puisse en trouver d'autres qui trainent  Laughing 

Voici la situation :


Les 15 premières pièces ont été trouvées en 1994 lors des travaux d'aménagement du Centre Culturel, en haut à gauche sur l'image.
Les 3 autres lors des travaux d'aménagement du parking du centre préfectoral en 2013. C'est à l'endroit ou il est écrit "You are here" sur l'image.
Plus bas, on peut voir ou se trouve Kôfukuji.

Voici à quoi ressemblent aujourd'hui les alentours du Centre Culturel :


Et oui, les travaux étaient il y a 20 ans quand même. Il n'en reste plus de trace. Il faudra attendre de nouveaux travaux avant qu'on ne creuse à nouveau.

Et maintenant le parking de la Prefecture, toujours en travaux :


Ca fait rêver.

Voila, voila...
Et vous ? Vous passez des bonnes vacances ?

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